165 – De la campagne à la ville…

De : Bernard Duchesne

De la campagne à la ville, … ou… du vide au plein.

Ma ruelle, c’est le vide, vide d’humains, vide de bruits, vide de tout mouvement. J’habite en effet dans une ruelle. De ma fenêtre, je découvre le vide que j’ai choisi car j’ai choisi le vide, tout ce vide immuable, silencieux, des champs beaucerons, un vide vert l’hiver, un vide doré l’été. De ma fenêtre, j’admire ce vide, surtout quand je ressens le vide en moi, c’est le vide partagé. De ma fenêtre, ce vide est beau, il remplit de soleil toute mon âme vide. J’en suis plein.

Parfois, quand de ma fenêtre, le vide des immenses espaces campagnards ne parvient pas à remplir mon âme vide, je vais chercher ailleurs ce qui peut me remplir. Alors, je sors de ma ruelle villageoise et je pars pour la grande ville. Alors, là, oui, j’en ai plein les yeux. Tout bouge en permanence. Un flot continu de voitures remplit les rues. Plein les oreilles, des sirènes hurlantes de ces véhicules rouges ou bleus. Plein la tête des interrogations sur la destination de ces piétons pressés d’aller remplir leur portefeuille par leur travail, d’aller remplir leurs cœurs de leurs amours en ce jour de ST VALENTIN. Tout est un plein qui s’engouffre dans le plein des bus, des métros.

Pour aller où ? Pour, à la retraite, chercher à vider tous ces pleins dans une maison d’une ruelle villageoise, à la fenêtre pleine de vide…