151 – Ils étaient sept!

De Mona RENARD

Ils étaient sept.
Sept comme les jours de la semaine.
On aurait pu les appeler:Atchoum, Simplet, Prof…
À regarder la photo, On m’a demandé:
« pourquoi les parents ne sont-ils pas plus vindicatifs? »

C’est que…j’ai une longue histoire avec le père!
Un jour d’hiver, un cygne qui a perdu toute sa superbe quitte le Loir et traverse le jardin jusqu’à ma terrasse, se replie sur lui même, cou au sol, plume ternes.
Je vais vers lui.
Oh, il ne m’accueille pas sympathiquement, loin de là!
Cependant, il est épuisé.
Je m’approche autant que je peux pour comprendre qu’il était blessé au bec:il ne pouvait plus se nourrir.
Mon voisin et moi, pendant plus d’un mois, l’avons alimenté en lui servant une bouillie de pain trempé dans du lait.
Il mangeait peu, mais il mangeait.
Au printemps on ne l’a plus vu,on a pensé qu’il était mort.

Une année est passée …

Et puis, un jour, j’ai pu prendre cette photo.
Je l’ai reconnu à son bec abîmé, il venait à moi, présenter une compagne et sept cygneaux.
Pas la moindre agressivité de sa part: la compagne était perplexe, sur ses gardes, plus en retrait.
Au bout d’une semaine, tout le monde montait jusqu’à la terrasse.

Mais, Trêve de plaisanterie, il faut apprendre le vrai monde!

Quinze jours sans les voir et puis les visites devinrent polies mais espacées