174 – l’allée aux fleurs

De : christine66

J’ai vécu à Paris et Région Parisienne jusqu’à mes 30 ans, puis à la naissance de notre aîné, et à la faveur d’une mutation professionnelle, nous avons fait le grand saut et avons découvert durant quatre ans les charmes de la Polynésie Française.

En rentrant de ces contrées lointaines, nous avons cherché à établir notre petite famille, avec dans l’idée de préserver une certaine qualité, douceur de vivre, auxquelles nous avions eu le bonheur de goûter.

Après mûres réflexions et visites de logements autour de Paris, notre choix s’est naturellement porté
sur Vendôme : ville moyenne agréable, à 45 min en TGV de Paris, avec ses multiples parterres de fleurs sans cesse renouvelés. Et surtout, en nous y promenant à 22 heures, nous y avons éprouvé un bien-être, une sensation de tranquillité, de sérénité, de sécurité qui nous a convaincus que nous avions trouvé notre havre de paix, petit paradis pouvant accueillir notre petite famille, une ville sans tags et dégradations, avec des habitants souriants, et pas stressés. Bref, une évidence.

De Saint Firmin des Prés, petit village proche de Vendôme, paisible et accueillant, où nous avons goûté aux petits bonheurs de la campagne, nous avons « migré » quelques années plus tard à Selommes, village de 850 habitants, dont le dynamisme est remarquable et étonnant au regard de la taille de la population.

Enfin, s’il me fallait mettre à l’honneur un lieu aimé du Loir-et-Cher, j’aurais très bien pu choisir un endroit emblématique tel que le zoo de Beauval, les châteaux de Chambord, de Talcy… mais j’ai juste envie de parler d’un joli coin qui m’emplit le coeur dès que j’y chemine lors de mes multiples balades à pied ; il s’agit de ce que j’ai nommé « l’allée aux fleurs »… un endroit à mes yeux sublime, entretenu simplement et avec amour par une riveraine qui mériterait de recevoir une distinction, rien que pour le bonheur qu’elle m’apporte.

Je ne révélerai pas, par jeu et taquinerie, le nom réel de cette allée, je suis sûre et certaine que les Selommois l’auront reconnue…

173 – L’étang de Saint-Ouen

De Patrick EDGARD

L’étang de Saint-Ouen

Pièce d’eau nichée entre rails et ruisseau
L’étang de Saint-Ouen, ce petit miroir,
Où le soleil matinal contemple son image,
Réchauffant les colverts mâles novices,

Déballe sa beauté à côté du Loir,
Rivière paisible où glissent les poules d’eau,
Nourrissant les arbres au joli ramage
Se prenant pour le beau Narcisse

Flâner à l’aube, visage au vent
Bercé par les ding dong du clocher
Puis réveillé par la beauté d’une amazone
Je savoure ce petit coin de verdure

M’imprégnant des parfums de l’aurore
De la symphonie improvisée de la faune
Je promène mon objectif pour dénicher,
Voler, capturer les images du temps présent

Patrick EDGARD
20 mai 2015

172 – Ma cabane au fond du jardin

De Gertrude

Une cabane ?
Construite de mes propres mains
Plaisir, rêve d’enfant
Occupation de mère, grand-mère…
Qu’y faire ?
Lire, dormir, jouer, rêver, ranger, observer, décorer, réparer, menuiser, inviter, parler, manger, rêver encore…

171 – LE BAL DES HIRONDELLES

De Danes

Par un beau jour de printemps,
où l’air tiède est plaisant.
Isolée du monde et du temps,
je communie avec Dame nature,
je déguste cet instant…
l’odeur de l’herbe fraîche,
la senteur des champs,
le soleil qui effleure ma peau,
le vent qui caresse mes cheveux,
je me laisse bercer par tous ses aveux.
Jolie hirondelle ma présence ne t’effraie pas,
Bien au contraire…
Tu danses autour de moi.
Tu virevoltes, blanc et noir, noir et blanc,
Tu m’invites à danser avec toi,
De tous côtés, tu es belle et gracieuse,
Tu flottes et tu flirtes avec moi,
Tu t’approches de plus en plus,
Je ne sais plus si c’est toi ou le vent qui me caresse, qui me frôle.
Je ne sais plus… mais j’aperçois,
Au bout de ton bec, un fil doré qui me relie à toi.
Jolie hirondelle, voilà
qu’autour de nous, il y a des milliers de serpentins, de figures,
une multitude de couleurs.
Jolie hirondelle je voudrais tant voler à tes côtés,
fais moi quitter la terre ferme.
Tu m’as envoûtée,
Envole toi un peu plus haut et fais-moi décoller.
J’ai tellement envie de te suivre et de voler à tes côtés
Voilà que tu t’envoles plus haut,
mes pieds ne touchent plus
la terre ferme,
notre danse colorée s’envole dans le ciel,
tout là-haut au bout de ton fils doré
je vole, je suis à tes côtés,
jolie hirondelle
fais-moi encore rêver…

170 – Dans l’ombre de la fonderie II

De Mona Renard

Mercredi 23 février 2011

MANUEL EST REVENU.

Manuel est revenu ; un matin tôt ? Un soir tard ?
Comme à son habitude et comme j’ai pu le voir un soir, un taxi l’a déposé devant sa maison.
Sa valise en carton, oui, en carton est si légère que je peux oublier la valise dans ma description !
Depuis quand est-il revenu ?
Je ne me suis aperçue de rien et pourtant je guettais un indice : toujours pas de lumière, toujours pas de volets ouverts, pas de bruit de moteur à six heures du matin.
C’est Serge qui m’a dit « il est revenu! ». Assez des vacances au Portugal lui a t’il signifié d’un geste de la main. Il va reprendre les jardins qu’il faisait les jours de congé et attendra de vendre sa maison.
Moi, j’ai entendu : « Il a le mal du pays ! »

Mais quel pays?

J’ai croisé Manuel ce matin, longeant sa façade, le pas vacant.
Il regardait sur son mur une petite chose que je n’ai pu voir et qu’il chassait de la main.
Il chassait aussi ma présence du regard, je l’ai abordé cependant.
Tout en lui s’excusait d’être là…
Oui, il est revenu. Oui, il va mettre sa maison en vente dans deux semaines…( deux semaines ?). Il va travailler pour payer les frais de deux maisons…Sa famille ne veut pas venir.( Il parle toujours pudiquement de sa femme)
« _Vous, vous resteriez bien là ?
_…Mouvement d’épaule, air gêné puis il décide de répondre :
_Je suis habitué…Peut-être que de vendre la maison demandera deux ans…( comme un espoir) Après, je retournerai là bas ! »

Comment porter un peu de son désarroi ?

169 – Dans l’ombre de la fonderie I

De Mona Renard

Ecrit le samedi 24 juillet 2010.

MANUEL.

Manuel va quitter le village. On ne l’a jamais tant vu !
Trente ou quarante ans de vie ici. C’est lui qui, en toute discrétion livrait mon bois, à la demande de mon voisin Serge. On avait pris l’habitude de faire comme ça, chacun avait son rôle dans l’affaire. Moi, je ne voyais presque jamais Manuel…
Combien de temps ai-je mis à connaître sa silhouette ?
Il a ouvert ses volets sur la route. Je ne les avais connus que clos. Il repeint de blanc sa façade : il laisse tout propre avant de repartir chez lui.
Le voilà à la retraite.
Son épouse n’est jamais venue en France.
Ses vacances : une petite valise à la main, je l’ai vu monter dans un taxi. Il partait pour la gare, puis pour le Portugal.
Une vie que l’on voyait à peine en face de nous, limpide.
La France avait besoin de bras. Ayant de l’ambition pour le trajet de ses enfants, il avait besoin d’argent. Le marché a été propre, honoré, sans bavure de part et d’autre. Il a été le dernier ouvrier de la Fonderie de Fréteval puis a été repris par une autre fonderie du côté de Montoire, jusqu’au jour de la retraite.

Les enfants, deux garçons, maintenant adultes, vont venir passer leurs premières vacances dans la maison que leur père a habitée pour eux, pendant toute leur enfance, et cela au moment de la quitter.
 » Et votre femme, ai-je demandé à Manuel ?
_Non, elle ne viendra pas, elle est malade, le voyage est trop fatiguant… »
Il chasse l’idée d’un geste. Il n’a pas les mots. Il m’avait déjà répondu comme cela une précédente fois.

Il a vécu ici une vie mesurée au minimum : lieu d’ascèse, dignité, silence aimable et sourire accueillant. J’entendais sa deux chevaux démarrer à cinq ou six heures du matin mais je ne l’entendais jamais rentrer dans les bruits et les occupations du soir. Pas un rai de lumière ne perçait les volets.

De lui, il me restera une anecdote exquise :
Nous partagions presque à nous deux l’immense parking du bout de ce village.
Un soir d’hiver nous nous garons ensemble, chacun, comme à son habitude, à chaque bout des lieux.
Son pas double le mien pour retrouver nos maisons respectives et il me dit dans son français incertain sur un ton malicieux :
« Là où est ma voiture, j’ai le soleil très tôt le matin et pas besoin de dégivrer les vitres…Vous devriez faire comme moi ! »
Et, oui. ! Manuel qui se lève tôt sait beaucoup de choses. Qui vit dans la simplicité apprend tellement !
Manuel est plus jeune que moi, et pourtant j’ai pensé au savoir de mes grand’ parents.
C’est après cette anecdote que j’ai été attentive aux frémissements de vie en face et les frémissements ne manquent pas d’intérêt!
Le bruit du moteur de la deux chevaux va me réveiller dans son absence.

Les enfants de Manuel ne viendront pas.

167 – La maison de Berthe

De Anne

Je participe au festival de création numérique, vous le savez. J’ai posté quelques textes sur le « kilomètre carré ». Des textes que j’avais « en stock », des que j’ai écrit pour…
Des textes de fiction, ou sur la réalité de mon/mes kilomètres carré.
Mais depuis le début de cette aventure je sais que l’occasion est celle qui me permettra de me tourner vers le passé, l’histoire d’ici. De ce qui nous relie à ce lopin de terre.
Celle qui nous relie… La famille, et Berthe.
Parce que c’est d’elle que m’a parlé mon père.
Parce qu’elle a été extraordinaire dans son époque.
Nous habitons la maison de Berthe. Transmise par mon père, pour une partie, rachetée à un vieux et lointain cousin pour l’autre.
Dans mon enfance, la Hirlière était la maison de vacances. Les étés à courir dans les chemins, les chemins parcourus en vélos, les adultes vaguement là, dans le cadre…
La première fois que Gilles est venu à la Hirlière, il s’est retrouvé à dormir chez les voisins, à coté de l’étable. Nous n’étions pas encore mariés et ma grand mère, Marie Thérèse, qui régnait encore sur le lieu n’aurait pas toléré (tolérance était un très gros mot pour elle) que nous partagions les draps humides caractéristiques du lieu à l’époque…
Nous avons réellement investit les lieux, y posant nos bagages, quelques années plus tard, et j’ai commencé à écouter les histoires relatives à la maison. Que mon père rapportait.
Nous habitons la maison de Berthe. Mon arrière grand mère.
Mon grand père Gaston y a vécu, quelques années, pendant la première guerre, mon père Albert pendant la seconde… L’un et l’autre avec Berthe.
Berthe fût une jeune fille de caractère, perturbée m’a affirmé un vieux garçon, cousin lointain, qui l’a connue, perturbante pour son époque dirais je…
Elle était l’une des filles du maire (de 1888 à 1904), Auguste Augis. Et elle était douée. Elle est allée à l’école, jusqu’au certificat d’étude et au delà. En classe d’économie sociale et familiale. Elle faisait surement la fierté de son père, qui n’avait pas de fils. Jusqu’au jour où elle s’opposa à lui.
Ou lui a elle. Le jeune homme qui lui plaisait ne plut pas au père.
Il n’avait pas de bien? Il n’était pas du coin? Il n’était pas paysan? Auguste refusa sa fille, et sa ferme, à celui qu’elle avait choisi.
Alors Berthe est partie.
Elle est allée se louer (quelle expression terrible!) comme domestique dans une « grande » maison.
A 25 ans elle était cuisinière dans une demeure de maître à Chantilly. Elle dirigeait la cuisine, préparait des diners de galas pour des gens de la haute.
Elle avait un statut. Mais pas de mari. L’amoureux avait disparu.
Pas de mari. A 25 ans.
Alors elle accepta la proposition du cocher, responsable de la meute, sonneur de cor, un Auguste, lui aussi. Elle l’épousa et le suivit chez lui au nord. En Belgique où il avait des terres noires et riches.
Elle y eu des enfants, 4, dont des jumeaux, dont seul un survécu aux premiers mois si délicats… Gaston.
D’autres enfants auraient pu agrandir la fratrie…
Si les temps n’avaient pas été si agités. L’Europe était à feu et à sang… La Belgique qui se voulait neutre n’avait pu échapper à la première guerre mondiale. Et la ferme d’Auguste se trouva « calée » entre les deux lignes de tranchées.
Imaginez…
Auguste y trouva vite son compte: il pouvait, et ne se gênait pas, vendre ses patates aux deux camps.
Berthe ne le supporta pas.
Un jour, elle passa le checkpoint, tenant son fils par la main, son panier plein de légumes laissant entendre qu’elle avait juste fait quelques emplettes.
Et elle rentra en Loir et Cher. A la Hirlière.
D’Auguste père je n’ai plus entendu parler. La vie l’avait maté, peut être. A moins que ce soit la mort qui l’ai effacé. Je n’ai eu d’écho, par une très vieille cousine décédée depuis, que de sa maman, malade. Une maladie de femme, un mal dans le sein.
Berthe est donc restée auprès de sa mère avec son fils. Jusqu’à ce que la guerre cesse.
La guerre terminée Auguste, l’autre, le belge, le mari, lui demanda de rentrer.
Mais Berthe resta à la Hirlière. Lui envoya t-elle un courrier pour lui dire son refus, fit-elle la sourde oreille? Elle ne regagna pas le foyer marital.
Gaston, lui, rentra dans le Nord. Un jour son père vint le chercher à l’école et le ramena chez lui. Sans plus l’explication. Rayant Berthe de l’équation par sa seule volonté.
Gaston l’a crue morte jusqu’à l’adolescence.
A 14 ans il voulu savoir. Il écrivit au maire de Fortan pour avoir les précisions que son père lui refusait. La réponse du maire eu l’effet d’une bombe. Berthe était bien vivante et serait très heureuse de revoir son fils. L’Auguste fût furieux mais l’Auguste laissa Gaston rendre visite à sa mère.
Gaston renoua donc avec sa mère. Il passait toutes ses vacances auprès d’elle.
C’était, lui aussi, un jeune homme doué. Un artiste, qui jouait du violon, peignait, était dessinateur de métier, dans une usine qui fabriquait des locomotives, des trains.
C’était un bien bel homme mais il était le fils de Berthe, celle qui était partie. Celle qui n’était pas revenue. Celle qui avait dit non.
Gaston épousa Marie Thérèse, une « bonne » chrétienne qui eu la « générosité » de le prendre malgré ce handicap. Marie Thérèse qui trouva refuge, son nourrisson Albert dans les bras, auprès de Berthe lors de la débâcle, son mari étant prisonnier en Allemagne.
La cohabitation ne dut pas être simple car à peine Gaston rentré de captivité (il s’était rendu malade) ils déménagèrent à Vendôme. Ne rentrant dans le Nord qu’à la fin de la guerre…
Ils sont rentrés dans le Nord et Berthe s’est retrouvée seule. Seule et sauvage.
C’est avec le fusil qu’elle a accueilli l’électricien que lui avait envoyé Gaston pour lui apporter un peu de modernité, c’est au puis, avec les seaux portés à l’épaule qu’elle continuait d’aller chercher de l’eau. Et elle refusait de faire paitre ses chèvres ailleurs que dans ses prés. Même si, avec le remembrement, ils n’étaient plus les siens…
Berthe, la femme seule, la femme bizarre, la folle.
Elle est restée dans le souvenir de mon père comme une grand mère un peu excentrique, ça devait lui changer de sa mère…
Berthe est morte un jour. Bien sur. D’une maladie qu’elle avait attrapé avec ses chèvres. Tous les efforts de son fils pour lui apporter le confort et l’hygiène ont été vain…
Oui, nous habitons la maison de Berthe. Nous y sommes arrivés avec notre ainé âgé de quelques mois, nous avons retapé, rénové la maison, nous y avons eu 4 autres enfants… Nous y sommes depuis 27 ans.
Gaston en aurait été ravi. Albert l’était et ils veillent sur nous, un peu… Tant que l’on se souvient d’eux, tant que l’on raconte… La chance d’habiter la maison de Berthe.

166 – Cracheurs de feu au château de Pointfonds

De : lysa7278

Ce château peut tout !!!

Recevoir des familles pour des mariages, des anniversaires.

Accompagner des promeneurs solitaires venus se ressourcer entre ses murs protecteurs, chargés d’histoire.

Ouvrir ses portes pour les journées du patrimoine où les marcheurs harassés viennent prendre un verre de l’amitié bien mérité.

Offrir ses murs pour y exposer des œuvres d’art.

Et même se laisser embraser par un cracheur de feu (Festival le blé pousse 2014 organisé par Liska Llorca).

 

165 – De la campagne à la ville…

De : Bernard Duchesne

De la campagne à la ville, … ou… du vide au plein.

Ma ruelle, c’est le vide, vide d’humains, vide de bruits, vide de tout mouvement. J’habite en effet dans une ruelle. De ma fenêtre, je découvre le vide que j’ai choisi car j’ai choisi le vide, tout ce vide immuable, silencieux, des champs beaucerons, un vide vert l’hiver, un vide doré l’été. De ma fenêtre, j’admire ce vide, surtout quand je ressens le vide en moi, c’est le vide partagé. De ma fenêtre, ce vide est beau, il remplit de soleil toute mon âme vide. J’en suis plein.

Parfois, quand de ma fenêtre, le vide des immenses espaces campagnards ne parvient pas à remplir mon âme vide, je vais chercher ailleurs ce qui peut me remplir. Alors, je sors de ma ruelle villageoise et je pars pour la grande ville. Alors, là, oui, j’en ai plein les yeux. Tout bouge en permanence. Un flot continu de voitures remplit les rues. Plein les oreilles, des sirènes hurlantes de ces véhicules rouges ou bleus. Plein la tête des interrogations sur la destination de ces piétons pressés d’aller remplir leur portefeuille par leur travail, d’aller remplir leurs cœurs de leurs amours en ce jour de ST VALENTIN. Tout est un plein qui s’engouffre dans le plein des bus, des métros.

Pour aller où ? Pour, à la retraite, chercher à vider tous ces pleins dans une maison d’une ruelle villageoise, à la fenêtre pleine de vide…