043 – Chambord, terrain privé.

De Céline M.

Je ne vous parlerai pas de ce Chambord qui appartient au monde, mais de ce lieu qui me signifie.

Qui m’a vu naitre, rêver, grandir, aimer, désobéir.

Dans ce kilomètre carré, qui m’a vu fuir et revenir.

De ce lieu somme, qui m’est intime.

042 – Respirez !

De Amélie

Mon km² est un km² d’air pur au cœur du parc de la Vallée à Villiers-sur-Loir.
Chaque dernier dimanche de septembre, solidarité, espoir et générosité prennent place.
Ces instants portés par les bénévoles, la foule et le soleil sont une bouffée d’oxygène pour les patients. Patients de « statut » mais si impatients de vaincre la mucoviscidose… parce que vous respirez sans y penser mais nous ne pensons qu’à respirer.
52 ans que l’association existe et tellement plus de km² d’attente.
En 2017, pour la 20ème année, les bénévoles et familles concernés du Loir-et-Cher, et d’ailleurs, vont combattre la fatalité le dernier dimanche de septembre. Dans mon km² d’air pur.

037 – Baignade non autorisée

De Nicole

A défaut de lieu de baignade dans le village de mon enfance, la tentation était forte d’utiliser le lavoir comme une piscine. C’était interdit puisqu’il était encore utilisé par quelques femmes pour laver et rincer leur linge. Bien entendu, la baignade devait être rapide pour éviter d’être surprise en défaut d’obéissance.
Derrière ce lavoir coulait un petit ruisseau dans lequel nous allions ensuite attraper quelques têtards qui terminaient dans des pots en verre ou des boîtes de conserve.

036 – Alternative à la lombalgie en Loir et Cher

De Viviane LABBAY

Tout est prévu pour une fois…pour 3 jours en amoureux pour retrouver l’Océan et profiter des embruns. Pas vu le bleu vert de la Bretagne depuis des années…On part demain.
03 novembre Matin du départ rêvé: Enfin!
Sauf que la perfide sciatique bloque mon homme au lit …toubib…caducée et je défais la valise.
Je suis vexée, déçue et je ronchonne tout le jour.
04 novembre : Je laisse mon homme dans le canapé avec une infirmière …enfin avec une infirmière qui doit passer lui piquer les fesses! bien fait! (Pardon mon Amour que j’aime!)
Je pars à l’aventure plein sud et je suis bien décidée à jouer les touristes dans ce Loir et Cher où je vis depuis 3 ans… enfin où je travaille surtout. Appareil photo, petite laine, et plein d’enthousiasme.
A moi les châteaux, les bords de Loire, etc …et j’arrive à Chaumont . Par hasard un peu.
Le Festival des Jardins est fermé depuis 2 jours…(c’est pas ma semaine ou quoi?)
Un billet d’entrée à 10 heures …et ma journée de ravissement, de découverte, de sérénité et d’émotions commence…
Tout me ravit, me touche au cœur, m’amuse, me résonne en souvenirs, en cette belle journée d’automne:
Le potager et la rencontre d’un chat roux somnolent ,
l’ombre des branchages, le jeu du soleil dans les arbres,
la lumière enfin les lumières de l’automne,
les fleurs et leurs pétales qui se délavent ou qui flamboient,
les nuages que je collectionne en photos (tiens je l’avais pas cette petite écume blanche qui ressemble à une tortue dans le bleu !),
les citrouilles qui se sauvent ou se rangent en belles sphères,
le majestueux château de loin, de près, sous tous ces angles et ses arrondis,
les planchers qui craquent et les armures, (je suis entrée…par la petite porte)
les papiers peints décollés en œuvres d’art,
la vidéo de Quayola Pleasant Places
les vitraux et leurs histoires et comme c’est trop beau de voir le jardin à travers,
les échelles dans les arbres et les crocodiles géants,
la tombe de la petite éléphante avec ses feuilles tombées,
…et puis ,aussi ce petit coin pour regarder la Loire, avec un élégant gant abandonné qui a bien de la chance de pouvoir profiter de ce petit coin .
Celle qui l’a oublié a du le quitter pour écrire un poème ou des mots d’amour ou sa liste d’envies sur la petite tablette…
Je repars après une journée d’émerveillement , reposée et sereine avec des tas d’images dans ma tête et ma boite et l’envie de revenir très vite…Je remercie vivement cette lombalgie conjugale et j’emmène mon chéri la prochaine fois…et mes enfants une autre fois, et ma belle mère pourquoi pas et mes amis de passage….et …et vous.

035 – Et parfois il neige.

De Anne

Quand la neige fond, où va le blanc?
Ben, mince! Tu parles d’une citation…
De William Shakespeare, moui…
De Shakespeare je me souviens essentiellement d’un « trivial poursuite » lointain et de la prononciation, heu…, « à la française » de son nom: « Cha qu’esse père » par l’un des participants. 30 ans après il se fait encore charrier par ses frères et sœurs!
Sinon, j’ai du lire dû Shakespeare, sans doute… Il y a longtemps. Et voir une ou deux de ses pièces, ou leur adaptation. Sans doute.
Quand la neige fond, où va le blanc?
C’est une bonne question William! Mais à qui la poser? Les scientifiques qui tentent de répondre à tout ont-ils une réponse à cela? Ils peuvent expliquer ce que devient la neige. C’est même enseigné à l’école. Suzanne nous a expliqué le cycle de l’eau, qu’elle avait étudié à l’école l’an dernier (à moins que ce soit l’année précédente). Mais le blanc? Les savants nous disent que le blanc contient toutes les couleurs… Qu’on le voit dans les arcs en ciel. Ok. C’est beau un arc en ciel. Mais la neige ne produit pas d’arc en ciel. Ou je ne suis pas au courant (et, oui, je sais que je ne sais rien). Bien, bien, bien…
Quand la neige fond, où va le blanc?
Quand le réveil sonne où vont les rêves? Quand le musicien pose son archet où va la musique? Quand le spectacle se termine où disparait la culture? Quand la réalité les rattrape que deviennent les espoirs? Quand le temps fait son œuvre où va ma jeunesse? Quand la neige fond, où va le blanc?
Quand William pose des questions où se trouvent les réponses?