174 – Prendre de la hauteur.

De Anne

Un jour j’ai eu un cadeau.
Et je me suis retrouvée là haut.
Pas dans un claquement de doigts, plutôt à grand renfort de moteur, de soufflerie, puis de bruleur bruyant.
Nous nous sommes élevés au dessus de la Loire translucide.
Transportés.
Le vent et le souffle chaud du propane enflammé nous ont transférés au dessus du château, des jardins.
Les doigts broyés par mon amie affolée, le cœur dilaté et la gorge serrée d’émotion j’ai pris le paysage, à l’envers, en plein dans les yeux.
De si haut que la terre c’est courbée à l’horizon.
Si haut que de la Sologne au Perche, presque, le Loir et Cher c’est étiré.
Changement de point de vue saisissant. Les châteaux d’eau comme des allumettes, les jardins comme des bijoux enchâssés, les bois, les champs, les prés, comme un tapis bigarré.
Nous sommes redescendus, mon amie a libéré mes doigts écrasés et nous avons frôlé les chênes. Les géants vu de la cime… Nous avons frôlé les vignes, frôlé les routes, nous avons découvert l’envers du décor.
Pas une de mes photos, d’émotion?, n’a rendu son horizontalité au paysage…
Nous nous sommes posés, les jambes coupées pour mon autre amie, dans un champ.
Le plancher des vaches.
Et le temps a repris son cours….
Un jour j’ai eu un cadeau et je me suis retrouvée là haut.