088 – Les jacinthes d’Auvine

De Maud Marin

Promenons-nous dans les bois..
Pendant que le loup (ou serpent) n’y est pas..
Qui ne connait pas ce refrain enfantin??? Cette mélodie me replonge quelques années en arrière, à Auvine. Un joli lieu dit aux abords de Savigny..
Il y a là-bas quelques maisons, un club d’équitation, un pigeonnier qui domine la vallée et un bois qui se fait élaguer un peu plus chaque année..
« A l’époque »(je ne suis pas si vieille tout de même), quand l’endroit ressemblait encore a un joli petit coin de forêt, toute ma famille s’y rendait à la fin des vacances de Pâques…Bien équipés de grands bâtons de berger, de bottes en caoutchouc, de sécateurs affûtés, de paniers, nous nous y rendions avec hâte…
Ce bois regorgeait de trésors naturels, dégageait des senteurs éphémères, envahissait nos narines de 1000 et une odeurs non artificielles…Premier objectif quand nous arrivions sur place, à Auvine, trouver l’entrée car les branches, les arbres la recouvrait…trouver la petite barrière qui nous ouvrirait les portes de cette sortie au grand air!
Puis dans le bois nous nous engagions…il fallait grimper, escalader, s’accrocher aux branches parfois pour nous hissez …. un vrai parcours de combattants et croyez moi en bottes en caoutchouc pas évident!!!
Bien sûr il ne fallait pas oublié de taper du pied pour les reptiles de forêt éloignés, on remuait les feuilles à gauche à droite, on chantait… et puis on sursautait quand la frangine de nul part surgissait..Elle nous avait guetté, elle s’était entre les arbres faufilée sans le moindre bruit effectuer, attendant le bon moment , attendant de se jeter sur sa proie tout en se marrant!!
Nous n’étions pas plus hardis quand de drôles de bruits nous entendions… Craintifs de tomber nez à nez avec une vipère cendrée ou autres bestioles dont personnes de trop ne raffole… alors nous tapions du pied encore et encore pour les faire fuir, avant d’enfin,notre tapis de jacinthes sauvages (re)découvrir!!!
Voilà le Graal de notre ballade…des jacinthes à pertes de vue qui met votre odorat à rude épreuve…
Les équipes se font, les paniers se remplissent à foison..qui en aura cueilli le plus??
Après plusieurs heures à gambader, à se baisser, à crier sans se soucier, nous redescendions la petite colline en prenant soin de ne pas renverser nos paniers bien chargés…. nous rentrions à la maison et notre « or bleu » nous partagions car selon notre tradition(familiale), à notre instit le lundi matin nous les offrions…en gardant tout de même un peu pour notre maison…
Voilà là un souvenir fleuri que j’ai de ma famille, de Savigny ….